samedi 14 juillet 2018

Merci Camalyon !


Lors du banquet républicain organisé par la mairie du 3ème ce 12 juillet, six personnalités se sont vues décerner une médaille de citoyens d’honneur du 3ème arrondissement. Parmi elles, deux femmes – oui, oui, il faudra mieux faire pour la parité en 2019 ! – dont une célébrité du petit écran, ancienne animatrice avec Guy Lux des fameux jeux télévisés d’ Intervilles. Je veux parler bien sûr de Simone Garnier. L’autre femme à être ainsi honorée par la municipalité est certes moins connue mais promise, je l’espère, à un bel avenir avec l’association qu’elle préside. 
Vous en saurez plus en lisant le discours préparé à son intention, et auquel j’ai, avec l’accord de l’intéressée, ajouté un paragraphe plus personnel. Encore merci à Corinne Krausse pour son travail et son engagement !

Vous êtes présidente du collectif Camalyon 3, devenu une association en 2017 sous le nom de Camalyon. Une toute jeune association qui œuvre dans un domaine ô combien sensible : la petite enfance. Sans prétendre à l’hégémonie, vous avez néanmoins vocation à essaimer au-delà des «frontières» du troisième arrondissement, voire à vous «métropoliser».

Présidente d’association, un beau titre, mais qui me semble insuffisant à vous décrire, tant je vois en vous une bonne fée, ou mieux encore, une marraine zélée, toujours prête à servir la cause des familles. Certes, vous n’avez pas de baguette magique à votre disposition, mais vous êtes douée d’une énergie et d’une volonté remarquables, de celles qui peuvent soulever des montagnes.

Heureusement, dans votre tâche, vous n’êtes pas seule…  A vos côtés, il y a, depuis le début, 5 autres femmes, tout aussi impliquées : Cécile, Brigitte, Myriam, Hend, que Maryem est venue suppléer et Nathalie. Avec, je ne l’oublie pas, une mention spéciale à Henri Krausse, votre mari, pour son soutien discret mais souverainement efficace.

Depuis que vous travaillez ensemble, bénévolement, vous avez brillamment réussi à fédérer de jeunes parents autour de votre projet : mettre en relation celles et ceux en recherche d’un mode de garde et les assistants maternels. Dépoussiérant l’image de la « nounou » traditionnelle au travers d’opérations de Speed-dating décoiffantes, dont le succès grandit d’année en année. Pour la troisième fois consécutive, de nombreux lyonnais s’étaient donnés rendez-vous à la Maison Pour Tous le 2 juin dernier, à l’occasion des rencontres parents/assistants maternels.

Je n’oublie pas non plus les fameuses bourses aux jouets qui ont lieu en novembre à la Maison des Italiens. On y déguste des crêpes – et autres douceurs - après avoir chiné parmi les stands, affairé ou simplement distrait par tous ces parfums d’enfance qui refont surface. J’ai aussi le souvenir d’une soirée en mairie où devant un parterre de parents confirmés ou en devenir, l’association Camalyon était venue présenter le fonctionnement du métier d’assistant maternel. Aspects contractuels, vécu avec les enfants, rôle du relais, lien avec la PMI, vous aviez répondu à toutes les questions, en gardant le sourire face au public. La salle était comble et je dois avouer que notre ancien directeur général des services m’avait alors prise à part, un peu effrayé par la quantité de poussettes en tous genres, alignées dans les couloirs. Il  craignait peut-être une occupation illicite de la maison commune ? Camalyon, késaco ? Allez savoir ? Je l’ai aussitôt rassuré quant à la légitimité de cette présence dans nos murs…

Car, c’est peu dire que cette initiative rejoignait concrètement celles menées par la municipalité, la PMI, la CAF, soit l’ensemble des acteurs institutionnels de la Petite Enfance, soucieux d’informer, d’orienter au mieux les parents dans ce qu’il convient parfois d’appeler un parcours du combattant : trouver un mode de garde adapté à leur situation, familiale et professionnelle.  

Si j’ajoute que vous n’avez pas hésité à vous investir dans la commission Enfance- Jeunesse du conseil de quartier Voltaire Part-Dieu, pour aider à recenser les lieux d’accueil du jeune enfant dans ce secteur, votre lieu de résidence, et un des plus prisés des familles de l’arrondissement, j’aurai fait un rapide tour d’horizon de vos activités dans un domaine où il nous faut assurément être à la hauteur. L’essor et l’attractivité de la Part-Dieu doivent d’ailleurs rester un point de vigilance pour nous tous : au pied des tours, laissons toujours de la place aux aires de jeux et aux bacs à sable, pour ainsi préserver la place de l’enfant dans la ville.

Arrivée à la fin de cette évocation, je dois dire que, depuis 3 ans, ce fut un immense plaisir de vous accompagner dans vos réalisations. Une de ces belles rencontres qui marquent une vie d’élue… Je terminerai d’ailleurs par une anecdote que vous m’avez un jour confiée. Lors d’un diner, quand pour la énième fois, on vous posait la question : « Et vous, professionnellement, vous faites quoi ? », agacée du désintérêt de vos autres voisins de table pour votre métier d’assistante maternelle, vous aviez joliment répondu à votre interlocuteur que vous faisiez de la gestion de trésor…

Et vous aviez entièrement raison. Quoi de plus beau, de plus riche, que de veiller au bon développement du jeune enfant ? A cet âge majeur où tout se joue, où chacun, chacune, peut progresser à pas de géant pour peu qu’on lui offre des conditions favorables, un terreau fertile, un environnement adéquat.

Les enfants sont notre véritable richesse. A nous de leur laisser l’espace pour s’épanouir, en harmonie avec le monde qui les entoure, sa beauté mais aussi sa face un peu moins lisse. Et à eux de faire fructifier cet héritage !

Je sais, Corinne, que vous avez déjà merveilleusement relevé le défi et que vous méritez amplement ce titre de Citoyenne d’honneur du 3ème arrondissement.


vendredi 15 juin 2018

L’Aquarius, la botte et nous


Le texte qui suit est de Victor Hugo. Je l’avais repris en préambule d’une commission petite enfance et parentalité du conseil local de santé mentale où était abordé le thème des migrants, notamment de la difficulté de recours et d’accès aux soins pour ces personnes en grande précarité, parfois rescapées de  catastrophes humanitaires. Car, celui qui a écrit les Misères avant d’en faire ses  Misérables, a toujours gardé intact son pouvoir d’empathie :

« Les exilés sont épars ; la destinée a des souffles qui dispersent les hommes comme une poignée de cendres. Les uns sont en Belgique, en Piémont, en Suisse, où ils n’ont pas la liberté ; les autres sont à Londres, où ils n’ont pas de toit. Celui-ci, paysan, a été arraché à son clos natal ; celui-ci, soldat, n’a plus que le tronçon de son épée qu’on a brisée dans sa main ; celui-ci, ouvrier, ignore la langue du pays, il est sans vêtements et sans souliers, il ne sait pas s’il mangera demain ; celui-ci a quitté une femme et des enfants, groupe bien-aimé, but de son labeur, joie de sa vie ; celui-ci a un vieux père qui mourra sans l’avoir revu ; cet autre aimait, il a laissé derrière lui quelque être adoré qui  l’oubliera ; ils lèvent la tête, ils se tendent la main les uns aux autres, ils sourient (…) Ils souffrent, ils se taisent ; en eux le citoyen a immolé l’homme ; ils regardent fixement l’adversité, ils ne crient même pas sous la verge impitoyable du malheur. »

L’abime est à nos pieds, aux portes de l’Europe, et fermer nos frontières n’y changera rien. La fraternité n’est pas l’apanage de la religion, elle est inscrite aux frontons de nos bâtiments, au cœur de la République.  L’Aquarius et ses migrants à la dérive, ballottés d’une rive à l’autre de la Méditerranée,  nous l’ont rappelé cette semaine encore. L’homme est un migrant. De tous temps. Guidé par l’instinct de survie qui le gouverne. Avide de découvrir de nouveaux horizons, de partir à la recherche d’un ailleurs plus hospitalier, malgré les dangers qui le guettent en chemin. Un passant qui traverse l’Histoire, toujours en mouvement. Un peu comme cette pauvre Bécassine qui, bien malgré elle, fait polémique aujourd’hui, autour de la sortie du dernier film de Denis Podalydès. En effet, combien de jeunes femmes au vécu similaire à l’heure où la Bretagne, et d'autres régions encore enclavées, restaient éloignées du progrès économique ? Exploitées, souvent, abusées, parfois, ces Bécassines de l’ombre, propulsées bonnes à tout faire à Paris, illustrent aussi bien une figure sociale de la France du début du 20ème siècle : celle des inégalités de territoire qui poussaient les paysans à migrer vers la capitale, attirés par Les lumières de la ville. Une France chaussée de sabots face à une autre France bien mise et en souliers fins.

Un jour, une amie, engagée dans une grande association lyonnaise, et qui se reconnaitra peut-être, m’a dit que pour elle, restaurer la dignité humaine, c’était permettre à chacune,  chacun, d’avoir une paire de bottes à soi. Une simple paire de bottes pour ne plus ressentir le froid, l’humidité, ou bien le sol brûlant et aride d’une terre trop longtemps privée d’eau. Certains en auront peut-être de plus belles, de plus finement travaillées, ou portant une marque célèbre, mais en finir avec les « va nu-pieds », tel était son leitmotiv. Pas combattre, mais détruire la misère, comme le proclamait déjà Victor Hugo. Une phrase toujours d’actualité. Ne l’oublions pas et chaussons des bottes de sept lieues pour réduire cette fracture, cet écart qui ne cesse de croitre entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien. Le temps presse … et il nous faut presser plus encore ceux qui président à nos destinées et à celle d’un continent désuni.




samedi 7 avril 2018

Higelin, le magicien



La grâce, on l’a ou on ne l’a pas. Assurément, il l’avait. Eternel enfant, grand frère, joyeux drille, lutin fantasque, mais avant tout un très grand poète, tel était Jacques Higelin. Je parle de lui à l’imparfait alors que je le vois toujours en magicien de la vie, prêt à faire sortir mille colombes de son chapeau pour sécher les larmes de ses amis. Il le faisait d’ailleurs au travers de ses chansons, un geste comme un cadeau offert au plus grand nombre. Depuis hier matin, ses mots tournent en boucle dans ma tête. Il faut dire que la musique d’Higelin a accompagné mes années d’adolescence, de celles qui s’impriment avec une énergie pure et l’insolence de la jeunesse. « Champagne » magnifié par sa débauche de muses fauves et de spectres endiablés aura marqué à jamais mes années lycée ! Je ne suis pas la seule...

Alors oui, il emporte un peu de nous en partant, et on a envie de lui crier : Reviens ! Reviens Jacques ! Reviens bercer nos nuits d’insomnie, reviens planer dans l’averse qui ravive le jardin, reviens nous parler de tes rêves d’un monde meilleur, dénué de frontières, reviens nous hanter sans fin… « Tombe du ciel ! » encore une fois. Une dernière fois… Le printemps est là, celui des poètes, celui des amoureux, des fous chantants et de leur imagination débridée. Sur scène, tu virevoltais sans cesse, sautillant, d’une énergie folle qui ne laissait que peu de répit au public. Toi qui ne tenais pas en place, comment vas-tu faire maintenant, à l’étroit sous une pierre. Au pied d’un arbre peut-être ? Tu aimais les vieux arbres, les plus que centenaires, et tu te voyais finir comme eux… En elfe ébouriffé, des pieds à la tête mais solidement enraciné. Pas seulement une herbe folle, libre entre deux cailloux.

La vie va continuer bien sûr. Dans les transports en commun, on va fredonner tes chansons, et même pendant la grève des cheminots, on continuera notre chemin en chantant, dans la rue, dans les embouteillages, à pieds, à vélo. En se tenant par la main, enlacés par la taille. Dans les amphis occupés, les étudiants siffleront tes airs préférés. Et même sur les barricades ! Là, je m’égare un peu… Mais c’est ta faute aussi, tu nous fausses compagnie avant le mois de mai, le plus joli de l’année. Et puis,  j’imagine qu’au fond de tes tiroirs, tu avais gardé quelques pépites en réserve. Pas pour que tes enfants se disputent l’ héritage mais pour nous, pour nous dire adieu simplement, au son d’une guitare ou d’un accordéon désaccordé, d’un piano brinquebalant, les yeux en l’air, la mine réjouie.
Maintenant, je vais réécouter toutes tes chansons, quitte à faire hurler les voisins. N’appelez pas la police tout de même ! Demain, c’est dimanche et comme le dit l’ami Fersen, cet autre baladin « On ira danser, danser au bal des oiseaux… » Et même s’il pleut, on s’en fout, on improvisera, comme tu savais si bien le faire…  

Véronique Collucci aussi s’en est allée. Sur la pointe des pieds. Vous aviez en commun le respect de la vie et l’attention aux autres. Le souci des belles causes. Pour elle, c’était les restos du cœur. Pour toi, la lutte contre le mal logement. Des combats qui vont continuer mais sans vous. Une double perte.

lundi 5 mars 2018

« Une semaine de vacances »


Dans le film au titre éponyme, Bertrand Tavernier avait situé l’action à Lyon, sa ville natale. En s’attachant aux pas de Nathalie Baye, alias Laurence, jeune enseignante quelque peu déboussolée et incertaine sur le chemin à prendre pour redonner du sens à sa vie. C’était l’hiver, le début des années 80, les petits matins gris et brumeux sur les quais du Rhône,  les voitures d’un autre siècle…

Pour ces vacances de février, je n’ai pas eu la même hésitation. Cap à l’Ouest.  Carrément plein ouest ! Direction Quimper, capitale historique de la Cornouaille et actuelle préfecture du Finistère, là où la terre n’en finit plus de finir avant de se jeter, éparse, dans les bras de l’océan.

A Quimper, ancienne cité médiévale devenue port fluvial, on se retrouve à la confluence du Steir et de l’Odet, et de diverses cultures. Max Jacob, l’enfant du pays, y a son théâtre et une aile du Musée des beaux-arts porte son nom.  Saint Marc y prend ses quartiers à défaut de posséder une place à lui seul. Tout comme François Mitterrand, plutôt à l’aise sur le parvis de la médiathèque, adossée à la très belle scène du théâtre de Cornouaille. La Providence, quartier situé à deux pas de l’hyper-centre, accueille un cinéma d’un genre nouveau, sur pilotis, au cas où la rivière ne vienne à déborder de son lit. Il faut dire que la crue de décembre 2000 a durablement marqué les esprits et le plan d’occupation des sols. Un peu plus haut, les « terres noires », d’éphémères exploitations de charbon, se couvrent désormais de maisons aux toits d’ardoises percés de panneaux photovoltaïques. Une énergie en a remplacé une autre. Malgré l’émergence de nouveaux quartiers, la place Saint Corentin, coiffée des flèches jumelles de la cathédrale, reste le cœur de la ville. Un cœur en dentelle de granit.

On y déguste toutes sortes de crêpes, salées et sucrées, à ne pas confondre avec les galettes comme on les nomme à Rennes (parole de quimpéroise rencontrée sur place !). Et à accompagner d’une belle bolée de cidre, de préférence bio. En Bretagne, l’agriculture se fait de plus en plus raisonnée. Et c’est tant mieux. La faïence, qui avait fait la renommée de Quimper, a un peu perdu de sa superbe mais on y tricote toujours de la marinière Armor-Lux. Depuis plus de 80 ans !

S’il est un autre sujet qui peut faire ici polémique (mis à part le classique antagonisme entre crêpes et galettes), c’est la météo. Certains, certaines, des mauvaises langues sans doute,  diront qu’il y pleut souvent alors qu’en réalité il y fait beau plusieurs fois par jour ! Je l’ai moi-même vérifié à plusieurs reprises lors de ce séjour. Mais, in fine, à la Pointe du Raz, plein soleil sur l’ile de Sein qui lui fait face. Le même paysage s’offre au regard depuis la Pointe du Van, moins prisée mais d’autant plus belle à mon goût. On y foule la lande aux coussins de bruyères sèches, quasiment seul à arpenter le sentier côtier, en surplomb de la baie des trépassés. Le temps s’est arrêté. C’est magique.

L'Aven à Pont-Aven
Vous l’aurez compris, je suis toujours amoureuse de cette région et toujours heureuse d’y revenir. Peu importe la saison. Peu importe l’agitation qui y règne.

Elle est à l’image de ces mimosas en fleurs s’épanouissant à Pont-Aven, au bord de la rivière. Un aperçu de la Dolce Vita, même loin de la côte d’azur…


dimanche 21 janvier 2018

Je n’avais pas vraiment fait vœu de silence…

Pourtant, je romps aujourd’hui ce qu’il convient sans doute d’appeler une prise de distance. Je le fais pour deux raisons, bien distinctes, quoique concomitantes. Le hasard des choses nous rappelle souvent à l’ordre, et de manière inattendue.

Le premier événement qui m’invite à mettre fin ici à cette parenthèse est le départ annoncé du Maire du 3e arrondissement, Thierry Philip. Annonce faite par l’intéressé en tout début de semaine lors de la traditionnelle cérémonie des vœux aux habitants. Si l’émotion était de mise, il n’y avait là assurément aucune place pour le prétendu divorce entre les élus et les citoyens, tant chacun se sentait en phase avec les mots  de l’édile, évoquant tour à tour l’homme et la fonction : en politique, comme ailleurs, l’homme doit savoir s’effacer derrière la fonction qu’il sert. Dans l’assistance, beaucoup avaient la larme à l’œil. J’ai même vu quelques bouches joliment s’arrondir sous l’effet de la surprise. Georges Képénékian, l’actuel Maire de Lyon, a d’ailleurs  ponctué son discours d’un éloquent : « Eh bien, nous pourrons dire que nous y étions ! ».

L’instant était donc historique. Et pas seulement pour celles et ceux qui, en 2008, avaient  accompagné l’ascension de Thierry Philip. Ils étaient là, bien sûr, les soutiens des premiers jours, la famille, les amis, les fidèles, grossis de la foule des  nouveaux venus, agrégés au fil du temps. Si la fonction de maire n’est pas un métier, elle s’apparente parfois à un drôle de sacerdoce. Je m’amusais dimanche dernier, lors d’un marché, de voir quelques dames, visiblement ravies de leur rencontre, se retourner sur celui qui était encore leur maire affiché. Un arrondissement de plus de 100 000 habitants a parfois des airs de village… Et c’est heureux de pouvoir garder cette proximité les uns avec les autres. Médecin de formation, Thierry Philip a cette faculté d’écoute, indispensable, qu’il a abondamment cultivée au cours des dix années de son mandat. Mais s’effacer derrière la fonction ne signifie pas s’oublier. Il nous l’a rappelé. Savoir préparer sa succession est aussi une qualité. Le prochain maire du 3e aura deux années pour prendre ses marques.

Alors Thierry, je te dis merci. Merci pour ce chemin parcouru ensemble. Je te dois beaucoup, et je mesure la confiance que tu m’as faite en me déléguant la vie associative, dont tu dis souvent qu’elle est le ciment et la richesse de la cité. Je n’oublie pas non plus ce joli moment où tu as célébré mon mariage avec Claude quelques mois seulement après l’élection municipale de 2008, sous l’œil attendri de mes collègues, tous jeunes élu(e)s. Je l’avoue, tu resteras mon maire de cœur !
Il me faut maintenant passer à ma seconde motivation, plus personnelle, pour reprendre la plume, enfin le clavier... J’ai justement achevé ce travail d’écriture qui m’a occupée plusieurs mois durant et, si je suis encore dans la phase de relecture, j’ai toutefois retrouvé une certaine liberté d’esprit. Je dois reconnaitre que l’expérience m’a plu. Je l’ai même trouvée jubilatoire, à certains moments. S’agissant d’une fiction, sans connotation autobiographique, le principe de faire évoluer des personnages s’avère un exercice fort agréable, et surtout indolore ! Un jeu un brin régressif peut-être ? Mais y ayant pris goût, j’espère bien récidiver...

En attendant, je vous souhaite une belle année 2018, de nouveaux projets, et pourquoi pas de vous autoriser, vous aussi,  à faire un petit pas de côté, ou à prendre un nouveau souffle…C’est selon chacun(e) !

lundi 3 juillet 2017

Des nouvelles,

Le mois de juin s’est terminé, enfin, j’ose le dire…. Dans un courant de fraîcheur, baignant l’ensemble de la France. Un courant, somme toute bénéfique, après une semaine de canicule, alourdie par le climat politique, démissions en cascade, soupçons d’emplois fictifs et de favoritisme, qui auront contribué à faire monter la température d’un cran supplémentaire, et même à échauffer les esprits pour une histoire de cravate… La belle affaire ! Pendant ce temps-là, et derrière des apparences vestimentaires de bon aloi, les ordonnances se préparent : un « détricotage » du code du travail et des protections sociales sans précédent. Il parait que l’Amérique nous fait de l’œil, avec son modèle libéral. Ou bien, serait-ce le contraire ? On ne sait plus trop que penser, quoi écrire… A moins de goûter à  l’ivresse toute mesurée du fameux message en 140 signes.

Alors oui, le cœur et l’envie m’ont manqués ces derniers temps pour alimenter ce blog. J’en conviens. Mea culpa. En cause, une grande fatigue qui m’a saisie après des mois de campagne et de batailles d’égos, assommantes. Une fatigue physique mais aussi une lassitude morale face aux revirements, reniements, trahisons, dont les auteurs, pour certains, sont sortis vainqueurs, parfois promus, tandis que d’autres, loyaux à leurs engagements, ont été balayés par l’histoire. Provisoirement, car je ne crois pas à un monde sans attachement à des convictions et où l’opportunisme ferait loi. Notons simplement qu’à ce jour, l’exercice de l’autorité présidentielle, modèle de restauration du genre, se coulant à merveille dans le moule de la cinquième république, et dans les « habits de son cher monarque », peine à donner de l’élan au changement et au renouvellement des pratiques, tant attendu. Et le ciel de s’obscurcir… même sur les sommets jupitériens.

Mais il y a une raison, plus personnelle, qui m’a tenue éloignée de la rédaction de ces chroniques, initiées il y a trois ans déjà : l’ébauche d’un nouveau projet. Toujours en lien avec l’écriture, mais sous une forme différente, plus aboutie – même si les choses ne sont pas définitivement arrêtées. Une nouvelle, un court récit, un texte, assurément, où le temps comptera pour ce qu’il est : un personnage à part entière. Où les lieux seront imprégnés de l’esprit de ceux qui nous ont précédés sur place, en défricheurs, en visionnaires parfois. Si Simone Veil a traversé le vingtième siècle et ses abominations, et les a surmontés avec grandeur, c’est bien par son action qui continue à inspirer nos combats d’aujourd’hui, et ceux de demain. L’action sera donc aussi au rendez-vous… Mais qu’on ne s’y trompe pas, au-delà de cet hommage, ce n’est pas à la biographie de cette grande dame que je vais m’atteler pendant l’été. Il me faudrait pour cela plus d’une saison, et des qualités d’historienne hors pair. J’espère simplement, à la faveur des vacances toutes proches, avancer sereinement dans mon entreprise, avec sérieux mais aussi la fantaisie nécessaire. Deux ou trois pages d’écriture par jour, ce n’est pas une punition pour qui aime les mots et leur saveur prononcée. Plutôt une douce médecine.

Alors, vous l’aurez compris, mon absence sur cette page va devoir se prolonger. Pour les amis de Facebook, je prévois tout de même quelques cartes postales, des paysage avec du soleil dedans, des sourires, même depuis ma table de travail avec vue imprenable sur le chantier en cours du C3…  Et, pour changer de destination, de la poésie, à l’image de ces coquillages qui, posés tout contre l’oreille, nous restituent le murmure de la mer et de ses habitants, même lointains.

Tout comme la lumière des étoiles mortes éclaire nos nuits d’encre, et montre le chemin à qui veut bien le voir.

Voilà pour les nouvelles du ciel et d’ailleurs. Bel été à toutes et à tous ! 

mardi 18 avril 2017

De ces chansons qui nous ressemblent…

C’est une histoire banale. Un matin ordinaire, la radio allumée au réveil, ronron des voix familières, interrompu par les nouvelles du ciel. Et puis soudain, ce petit rien qui vous fait balancer, sourire aux lèvres. La musique fuse et infuse doucement, le tempo se met à vibrer au bout de vos doigts, jusqu’à battre la mesure en rythme. Le corps ondule tel un métronome, de droite à gauche, de gauche à droite. Inutile de résister au mouvement, le mal est fait. Vous savez que de cet air-là, vous ne pourrez plus vous en départir de la journée…

Cela tient à peu de choses. Un souvenir, une émotion ravivée, une rencontre, la vôtre et celle de la chanson, portée par une voix qui vous susurre à l’oreille : « C’est un beau roman, c’est une belle histoire… ». Annie Ernaux dans un de ses livres – Passion simple, souligne combien les chansons populaires, les «canzone», ont accompagné sa vie amoureuse, par vagues plus ou moins conquérantes. Dans ces romances, distillées au gré des ondes, elle dit avoir pu puiser, çà et là, les mots entrant en résonance avec son histoire. La mélodie prompte à cristalliser son humeur du moment, triste ou gaie, et à faire écho à ses sentiments, un peu, beaucoup, passionnément …

L’observateur amusé pourra voir dans ce balancier du cœur, une métaphore de la vie politique actuelle. En période électorale, dans les débats, les discours, la tentation est grande de chercher à séduire l’électorat plutôt que de parler à son intelligence. De privilégier la démagogie à la pédagogie. La parole politique peut alors reprendre à son compte ces aimables ritournelles où chacun, chacune d’entre nous pourra se reconnaitre, et in fine, se rassurer sur sa propre destinée. L’art et la manière de nous balader comme des midinettes, ne sachant plus sur quel pied danser... Mais donner la sérénade aux français n’a jamais fait un programme pour la France.  Et au refrain du « J’accuse », d’aucuns se seront même discrédités. Il ne suffit pas de convoquer Zola pour en avoir le talent et la légitimité.

Quant à ceux qui préfèrent user et abuser de Dutronc, et nous donner le change en retournant leur veste, c’est une vieille rengaine, un peu triste...

Fort heureusement, dans cette drôle de campagne, il reste encore quelques candidats sincères et crédibles, dont celui que je continue à soutenir pour sa vision du monde de demain et sa fidélité au projet socialiste. C’est Benoît Hamon et sa démarche positive, le vote utile aux hommes et aux femmes de ce pays, utile aux générations futures. Un candidat qui s’adresse à nous sans nous infliger de vieux couplets ou d’indigestes bruits de casseroles !


Pour finir en musique, et sans fausses notes, je veux saluer ici la performance de Rebecca Manzoni qui, chaque matin, dans « Pop and co » sur France Inter, nous livre les secrets d’une chanson de son choix. Une séquence de 4 minutes alliant la dissertation sur un texte et sa partition. De Brassens à Bob Dylan, en passant par Travolta en pleine « fièvre du samedi soir », la chroniqueuse se plait à décortiquer une playlist intemporelle, qui n’a d’égale que la fantaisie de son auteur. Quand le cœur, l’esprit et l’intelligence s’en mêlent, cela donne le meilleur. De ces chansons qui nous ressemblent et nous rassemblent aussi, l’instant d’une Javanaise. Loin du vénéneux chant des sirènes…

A écouter ou réécouter sur :  
 https://www.franceinter.fr/emissions/pop-co

mardi 7 mars 2017

En campagne avec Benoit Hamon

Il trace son chemin. Sans tambours ni trompettes, indifférent à la marche des médias qui lui préfèrent le cas Fillon et sa famille politique, aujourd’hui « grand corps malade », ou la nouveauté incarnée par Emmanuel Macron.

Des meetings dans les villes de province aux rencontres toutes simples avec les français. Ceux des métropoles comme ceux de la France périphérique ou rurale. Ne dédaignant pas les « Causeries au coin du feu », version On n’est pas couché, Benoit Hamon, c’est aussi le gars prêt à affronter tempêtes et vents mauvais. Pour un breton, quoi de plus naturel… Sa silhouette en caban noir, mèche rebelle et regard azur, n’est pas celle d’un candidat classique, tout comme son petit salut, la main sur le cœur. Bon, la normalité, on a déjà essayé avec François Hollande, et on sait combien en politique, plus qu’ailleurs, les beaux habits, comme les belles paroles, peuvent masquer l’inanité de l’être, « son insoutenable légèreté », voire son cynisme.

Il  n’est pas franchement « une grande gueule » Benoit Hamon, pardonnez-moi l’expression, ni un trublion, même s’il a été catalogué dans le camp dit des « frondeurs ». Aujourd’hui une force tranquille se dégage de l’homme. Il avance, sûr de ses idées. Son programme, il m’a plu, comme à la grande majorité des deux millions de français venus voter aux primaires. C’est qu’il a le mérite de poser les questions de fond concernant la société et l’avenir de la planète, cette terre que nous habitons tous, comme l’écrit si bien Christiane Taubira. Et ses propositions font mouche : de la santé-préservation de l’environnement à la raréfaction de l’emploi et du salariat. Je fais à dessein la différence entre l’emploi et le travail car de travail, certes nous n’en manquons pas, dans nos vies privées comme dans nos fonctions sociales, si nous voulons bien les exercer. Parents, bénévoles associatifs, citoyens engagés dans les processus de la démocratie participative, ou même élus locaux, de celles et ceux qui au quotidien donnent de leur temps, sans même percevoir d’indemnités en retour. 


Revenons-en au candidat du Parti Socialiste et d'Europe-Ecologie-LesVerts. Il n’a pas le gout de l’aventure personnelle mais des idées sur la vie en collectivité, ça, il n’en manque pas ! De l’éducation des plus jeunes, à l’attention à apporter au terme de toute existence. Plus qu’un droit à mourir dans la dignité, celui de choisir sa fin. Réaliste, il l’est à mon avis, car il prend acte des grandes révolutions du 21ème siècle, bénéfiques ou néfastes, et de leur impact sur notre quotidien. Taxer le travail les robots car il génère des gains de productivité, développer une agriculture plus respectueuse de l’environnement et des hommes qui produisent notre alimentation. Légiférer sur les perturbateurs endocriniens et les pesticides, cette chimie qui, à petites doses, a fini par envahir nos maisons et à polluer nos moindres faits et gestes, de notre banal gel douche au contenu de nos assiettes. Et que dire de l’air que nous respirons ? Sans généraliser l’usage de la voiture électrique, il faut bien avancer sur la question du diesel, des énergies fossiles, du nucléaire, programmer leur remplacement, bref avoir une vision assumée des défis écologiques. L’échéance est proche si l’on n’y prend garde… et comme le dit très justement Benoit Hamon, on ne négociera pas avec la planète ! Un mandat, c’est court et long à la fois. Elu président, il propose d’expérimenter le revenu universel d’existence pour les jeunes, soit les 18/25 ans. De passer à la sixième république, celle que tous les candidats de gauche appellent de leurs vœux, avec ou sans constituante. Une grande loi de moralisation de la vie politique, comme préconisé par le duo des centristes associés ? Elle sera incluse dans une nouvelle constitution. La société actuelle est bien différente de celle de De Gaulle et des nostalgiques de l’homme providentiel, du sauveur de la France. Alors, se doter d’autres institutions, plus participatives, n’est pas un crime de lèse-majesté, simplement une adaptation du système, plébiscitée par les citoyens. Loin du populisme ambiant et des dangers qu’il fait courir à la démocratie…

Il ne reste que sept semaines pour faire campagne, sept semaines pour faire battre le cœur de la France et, dans le sillage de Benoit Hamon, aller à la rencontre des habitants de notre beau pays. En attendant les premiers débats et le face à face entre les différents candidats, et leurs idées respectives - une confrontation nécessaire, je serai avec d’autres, sur le terrain, pour mener la bataille des idées.
Pour la France qui vient.😊




samedi 21 janvier 2017

A la Maison Pour Tous, on pousse les murs…

« Record de participation absolu ! » « Encore mieux que l’exercice précédent »  « Des adhérents fiers de leur Maison » «Un président en marche vers sa réélection ! » « Ambiance électrique jusque tard dans la nuit…»

Ces titres, vous ne les verrez pas dans vos quotidiens. Ils ne feront pas la une des journaux d’opinion, du soir ou du matin, encore moins la manchette des journaux à sensation. Et j’ajouterai, non sans malice, que les instituts de sondage n’avaient rien vu venir… Alors de quoi s’agit-il donc ? Certainement pas du résultat de l’élection du WE car, à l’instant où j’écris ce billet, rien n’est encore officiellement joué entre les sept prétendants à la Primaire de la Gauche et des Ecologistes. Sondeurs, sondés devront attendre le résultat des suffrages exprimés. Et pour le moment, les électeurs gardent la main. Verdict demain en fin de journée. Une journée que, pour ma part, je passerai dans un bureau de vote en tant que militante et élue socialiste, à accueillir les lyonnais qui ne manqueront pas de se présenter. En compagnie d’autres militants, de camarades. C’est un joli nom camarade, chantait Ferrat… Nous serons dans une de ces écoles de la République, vénérable et plus que centenaire, mais qui tient bon et, j’espère, nous tiendra chaud en ce mois de janvier glacial. Un dimanche d’élection qui en annonce d’autres, suivis de soirées électorales où experts en tous genres viendront nous expliquer comment on en est arrivés là. Des soirées qui m’en rappelleront de plus anciennes, celles où, encore enfant, j’assistais aux empoignades entre Georges Marchais et Jean-Pierre Elkabbach. La présence de ce dernier comme interviewer dans les débats des primaires, de droite et de gauche, m’a d’ailleurs bien amusée. JP, le retour !

Revenons-en à nos moutons. Enfin, à cet événement auquel j’ai assisté aujourd’hui, en direct, et au milieu de 350 autres personnes. Ce n’était pas un meeting, ou encore une cérémonie de vœux à la population, encore moins une soirée VIP. C’était, c’était… une assemblée générale. Une assemblée générale ordinaire, délivrant rapport moral, financier et rapport d’activité annuels d’une association d’éducation populaire. Une association forte de ses 3500 adhérents, sans compter les sympathisants. Une association avec une charte de valeurs partagées, des militants, des citoyens engagés. L’un d’entre eux manquait pourtant à l’appel en ce samedi 21 janvier 2017.  Subitement disparu. Alors, nous lui avons rendu un bel hommage en ouverture de séance, ses vieux copains en tête, passablement émus. Ceux avec lesquels il aimait ferrailler, à l’occasion. Pas face caméra bien sûr mais dans des débat néanmoins ardents et passionnés. Il ne connaîtra pas l’issue de l’élection présidentielle, ce militant qui, jusqu’à son dernier souffle, se sera consacré à l’écriture d’un livre sur les algériens dans les brigades internationales en Espagne. L’actualité politique l’intéressait et l’inquiétait aussi, confrontée au prisme de la réalité historique. Il ne connaîtra pas la suite, ni même le résultat des primaires. Pas sûr qu’un des candidats ait eu d’emblée sa faveur. Au jeu des sept familles, il aurait préféré rebattre les cartes et peut-être même renverser la table… mais sans détruire la maison. Le temps est assassin.

Je finirai simplement par les quelques mots que j’ai prononcés à la mémoire de Georges Gonzalez en clôture de mon intervention. Après avoir rappelé mon optimisme quant à l’avenir de la Maison Pour Tous des Rancy, et l’importance du soutien de la Ville de Lyon. Une maison dont l’extension verra le jour en 2018, sur son parvis, et qui, en attendant, n’hésite pas à investir l’espace environnant, les beaux jours revenus.  « Incroyables comestibles », « Rue de l’avenir, Rue aux enfants », festival des Rancy, les initiatives ne manquent pas. Une « Maison bleue » dont la devise pourrait bien être : « Une pour tous, tous pour une ! ». Proposition que je soumettrai peut-être au prochain conseil d’administration, avec la complicité d’Alexandre Dumas…

Pour Georges :
« C’était un homme de convictions, vous l’avez tous rappelé. Avec des racines profondément ancrées.  Le sud dans la voix. Son histoire personnelle, il en avait parlé dans un de ses livres, « Un pont sur la Méditerranée », un titre qui dit beaucoup sur la nécessité de relier les hommes les uns aux autres, en dépassant leurs différences, visibles ou invisibles. Construire des ponts, des passerelles, au lieu de murs, c’était aussi son engagement au service de l’éducation populaire et de la transmission de savoirs.


J’avais appris à connaitre Georges Gonzalez en travaillant au sein de votre conseil d’administration. Et puis, je le croisais parfois dans mon quartier, nous étions voisins, même si un arrondissement nous séparait… Enfin, juste une rue à traverser, rien du tout. Bagatelle au regard d’une ville de plus de 500 000 habitants. Ces rencontres impromptues étaient toujours l’occasion de conversations pleines d’humanité et de vie. C’est le souvenir de ces instants, précieux, que je garderai en mémoire. Longtemps. »

samedi 31 décembre 2016

Bonne Année

Noël 2016 s’est éloigné doucement. Rêves de papiers froissés et étoiles scintillantes dans la nuit vont bientôt céder la place à l’aube nouvelle. Comme au seuil de chaque année. Le grand ordonnancement de la vie sur terre, le passage des saisons, me direz-vous,  puisque la fête de Noël  c’est aussi la célébration du solstice d’hiver, de la renaissance de la lumière. La résolution d’un cycle. Certes, mais l’année à venir n’est en rien ordinaire. D’abord par ses enjeux politiques, avec des échéances électorales majeures dans notre pays. Ensuite, parce qu’elle s’inscrit dans la lignée du 7… Soit un chiffre considéré comme déterminant dans de nombreuses cultures, des peuples d’orient et d’occident, toutes croyances confondues. L’union des symboliques par excellence...  Chez les Dogons, sept représente la perfection humaine. Chez les Egyptiens, sept était le signe de la vie éternelle. Alors, quelques exemples pour illustrer ce chiffre clef, exemples empruntés  au quotidien comme au plus spectaculaire des éléments : les sept jours de la semaine, les sept collines de Rome et de Washington, les sept couleurs de l’arc en ciel, les sept merveilles du monde, les sept continents ou les sept océans figurés dans la couronne de la statue de la liberté, le 7ème art, James Bond l’invincible héros, également nommé 007… Si à ces « monuments », j’ajoute le chat et ses 7 vies présumées, vous voyez bien qu’il y a comme de la magie dans l’air, même si sept, c’est aussi l’âge de raison, d’une forme de sagesse. Pour les jeunes de 7 à 77 ans ?

On peut bien sûr faire fi des symboles dans nos vies modernes et laisser cela aux poètes et aux esprits imaginatifs. Estimer que l’interprétation des signes relève de l’oracle divin, ou encore de la diseuse de bonne aventure plongée dans sa boule de cristal. Hergé n’en comptait-il pas sept dans les  aventures de Tintin ? On  peut aussi se saisir de l’opportunité offerte par l’arrivée de 2017 pour changer de regard sur un monde, le nôtre, qui ne tourne pas toujours bien rond. Chausser des bottes de sept lieues pour aller voir ailleurs, comme l’ont fait Cyril Dion et Mélanie Laurent dans le film « Demain ». S’inspirer de leurs solutions, rapportées d’ici et là-bas, apprendre à partager les ressources de notre planète, tout en préservant ses richesses et sa beauté. Penser « après-demain ». Ouvrir nos chakras mentaux. Tiens, curieusement, là encore il y en a sept…

On peut également découvrir le dernier livre de Tristan Garcia, justement intitulé 7. Sept histoires, sans lien apparent les unes avec les autres, mais guidés par la main de leur auteur, le laisser nous  entrainer à sa suite, sur ses chemins fantastiques. 
Un extrait du récit intitulé "Hélicéénne" : 
« Il ne s’agit pas de voyager dans le temps, seulement de court-circuiter la mémoire. Ce n’est pas de la science-fiction. En réalité, tous les états d’un système connecté tel que l’ordinateur ou le cerveau persistent, pourtant ils sont ordonnés de manière que toutes nos versions aient le sentiment de ne faire qu’une : la dernière. C’est ce qu’on appelle le sentiment de l’identité personnelle (…) Chacun de nous est un peuple, un parlement, une petite démocratie. L’enfant, l’adolescent, l’adulte discutent dans notre tête. On habite à plusieurs sous notre peau, et on peut redevenir celui qu’on veut. Je crois que c’est à ça que sert l’hélicéenne. »

Et puis s’il faut revenir à la politique, impossible de ne pas évoquer les primaires citoyennes, celles de la gauche et des écologistes, en janvier. Parce que le débat d’idées continue d’intéresser les français et qu’ils sont largement favorables au principe des primaires, mais aussi, et là je suis certaine que vous me voyez venir…. les candidats à cette primaire sont au nombre de 7 ! Six hommes et une femme, de sensibilités différentes, mais animés d’une même envie de se confronter à la réalité du paysage politique. Il faut un certain panache pour se présenter ainsi aux suffrages, aux petits calculs qui ne manqueront pas de se faire jour à cette occasion. Et chacun de prendre la peine de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler… Car, une nouvelle fois, nous ne sommes pas à l’abri d’une surprise quant au résultat final. Concernant l’élection présidentielle, son issue est tout aussi incertaine. Voir le Front National arriver aux portes du pouvoir ? Un des possibles et inquiétants scénario. « En marche » être la révélation de 2017 ? Une des hypothèses pour le futur quinquennat. L’union de la gauche revenir en force ? Quoiqu’il en soit, cette année encore, rester curieux du lendemain, de ce qu’il adviendra de nos vies et de notre potentielle emprise sur ce présent en devenir. Pour les nostalgiques  du septennat, il faudra attendre le passage éventuel à une sixième république, qui, espérons-le, ne prendra pas 7 ans de réflexion


Et pour finir en beauté sur cette planète que le Petit Prince découvrit un jour comme la septième de l’univers, bonne année à toutes et à tous ! Sept fois.

dimanche 4 décembre 2016

« Lyon à l’italienne »

Plus de 200 ! Ils étaient  nombreux à avoir fait le déplacement des quatre coins de la Métropole lyonnaise jusqu’à la mairie du 3ème arrondissement en ce premier vendredi du mois. Au dehors, un froid sec,  piquant, presque digne d’un  8 décembre... Une fois franchi le seuil du 215 rue Duguesclin, et grimpé l’escalier d’honneur, des tables jonchées de panettoni  invitaient chacun  à célébrer « Lyon à l’Italienne ».
Une initiative guidée par un élan de géné- rosité envers les sinistrés d’Ombrie : pour chaque panet- tone vendu, deux euros reversés à une association caritative.

Dans la salle Brouillard, les visiteurs s’installent, certains se saluant au passage, des habitués de la Maison des Italiens pour la plupart. Vous savez, cette maison de la rue du Dauphiné dont je ne me lasse pas de vous parler, de saison en saison … comme des racines qui nous unissent et ne demandent qu’à s’épanouir. .. 
Certains dans l’assemblée connaissent déjà le livre de Jean-Luc De Ochandiano  ou s’apprêtent à le découvrir traduit en langue ita- lienne. D’autres encore, passionnés par l’histoire de l’immigration à Lyon, et plus précisément  celle de la Guillotière, fameux lieu de brassage des cultures et des mémoires, ont simplement poussé la porte de la maison commune. Sans façons. Quoique d’horizons divers, les uns et les autres sont venus écouter Jean-Luc De Ochandiano raconter comment  les populations transalpines se sont sédentarisées au fil du temps et des différentes vagues d’arrivants. Il faut dire que notre conférencier maitrise son sujet : les Italiens à la Guillotière de 1850 à 1980. Alors, après quelques mots d’accueil à l’adresse du public, Jérôme Maleski et moi-même lui cédons bien volontiers la parole.

Au travers de termes  choisis, de photos d’ar- chives, d’anec- dotes,  les ima- ges du passé surgissent et revivent : ici, un musicien am- bulant accom- pagné de son « piffero » , sorte de petite flûte ; plus loin, l’artisan figuriste vendant ses statuettes au passant, ou encore le montreur d’ours. Une culture qui descend dans  la rue et nourrit l’imaginaire. Avant 1850, la Guillotière était encore un faubourg indépendant, la vie y était bien moins chère qu’ailleurs. Le logement abordable facilitait les mouvements de population, le plus souvent des saisonniers, des paysans et enfin l’arrivée des premiers ouvriers des Brotteaux. Mais l’endroit n’était pas très sûr et pas très fréquentable.

A partir de 1880, et le grand plan d’ur- banisation de La Presqu’île, d’autres géné- rations  d’ita- liens venus bâtir et embellir la ville, ouvrent  de petits commer-ces à la Guillotière, épiceries ou cafés. Des endroits  où il faisait bon se retrouver après le travail, et parler politique. Des entreprises du bâtiment s’y implantent  comme les établissements Denis Cerutti  au 5 rue Bonnefoi,  le siège actuel du Centre Social. Quelques réussites, même modestes. Pour autant, l’histoire de ces hommes ne fut jamais facile. Dans les périodes de tension économique et sociale, l’italien redevient  l’étranger, celui dont on se méfie et qu’on finit par chasser. Deux exemples frappants : à la fin du 19ème siècle, période de crise et de récession, on refuse aux italiens l’accès aux chantiers,  pour favoriser l’emploi d’ouvriers français. Ils deviennent de vulgaires « macaronis », et sous ce vocable méprisant des  victimes de la xénophobie ambiante.

Autre épisode marquant, le 24 juin 1894, avec l’assassinat du président Sadi Carnot, perpétré à Lyon par un anarchiste du nom de Santo Geronimo Caserio.  De l’auteur de ce geste, la foule en colère ne retiendra que l’origine, italienne. Plusieurs jours de représailles s’ensuivront, et la rive gauche du Rhône, en particulier la Guillotière et ses commerces, seront dévastés aux cris d’ « A bas l’Italie » ou « A l’eau les macaronis ». Des menaces à peine voilées... Entre les deux guerres, c’est le fascisme et Mussolini qui jetteront hors d’Italie les opposants au régime. A la Guillotière, ces réfugiés politiques, souvent des communistes,  animent la Maison du peuple, la Casa del popolo,  qui s’élevait en lieu et place de l’actuelle école Painlevé. Le 6ème congrès du PCI s’y tiendra clandestinement en  1926, en présence de Gramsci.

Une époque qui nous rappelle furieusement la nôtre, à la croi- sée des che- mins… Et qui ravive bien des souvenirs  à ceux dont le parcours familial et personnel rejoint celui des protagonistes de « Lyon à l’Italienne ». Beaucoup étaient prompts  à s’en émouvoir vendredi soir et à s’inquiéter de l’avenir de leurs enfants et petits-enfants. De la fin d’un monde. D’autant plus quand rôde en Europe le fantôme des années 30, et plane la menace du « non » à Mattéo Renzi lors du référendum  en Italie.

Alors, au moment de partager le verre de l’amitié, c’est le traditionnel « facciamo un brindisi » qui était sur toutes les lèvres, avec dans le rôle du chef de chœur Danilo Vezzio, l’infatigable défenseur de la Maison des Italiens de Lyon et de la fraternité entre les peuples. C’est d’ailleurs sur le rôle social des associations italiennes nées après la seconde guerre mondiale que la conférence s’est achevée.

Une prestation réussie pour Jean Luc De Ochandiano que je remercie de m’avoir genti- ment confié ses notes, très utiles pour la rédac- tion de cet article. Pour en savoir plus, il suffit de se référer au livre paru aux éditions Lieux Dits, et disponible en librairie. En prime, parce que cette histoire est aussi la mienne, celle d’une petite-fille d’immigré italien, comme un(e) lyonnais) sur quatre, voici ci-dessous les paroles du chant des brindisis. A accompagner d’un morceau de panettone, s’il en reste…  Et promis, on se retrouve prochainement  pour un nouvel épisode de la saga « Maison des Italiens » !

Alla salute dei nostri padri
Facciamo un brindisi
Facciamo un brindisi
Alla salute dei nostri padri
Facciamon un brindisi, … 
In socièta

A la santé de nos pères (de nos ancêtres)
Portons un toast
Portons un toast
A la santé de nos pères
Portons un toast...
en société (en bonne compagnie)  


vendredi 25 novembre 2016

Un brin de poésie, en ces jours gris …

Recette pour voir fleurir un cœur d’artichaut, seul ou en bouquet (même quand on n’a pas de jardin, même en hiver) :

Choisir en faisant son marché un artichaut de taille régulière, dont les feuilles-pétales forment une jolie corolle. Le disposer dans un vase, ou un autre récipient, sans eau, et le conserver ainsi, à l’abri de la chaleur et de la lumière, jusqu’à apercevoir en son centre les premiers brins de couleur bleue. Je dis bleu mais cela peut aussi bien être parme ou mauve. Cela doit dépendre de la variété de l’artichaut et de sa terre de culture, Camus de Bretagne ou petit violet provençal. En réalité, autant de nuances que d’espèces botaniques dont la délicate améthyste.

A ce stade de la floraison, suivre l’évolution quotidiennement jusqu’à ce que le cœur entier soit recouvert de filaments de couleur. Normalement, quelques jours suffisent à l’éclosion.
Il n’y a maintenant plus rien à faire, sinon à admirer le résultat, surprenant, sans oublier qu’à ce niveau de maturité, l’artichaut est devenu impropre à la consommation…

Il va de soi que l’opération peut être renouvelée à volonté, enfin tant que dure la saison de l’artichaut, et que le cœur vous en dit… C’est souvent un spécimen oublié dans une arrière-cuisine qui, le premier, offre la surprise de cette jolie métamorphose. Faisant penser à ces plantes assoiffées par la main d’un jardinier distrait ou un rien cruel : craignant de mourir, leur fleuraison n’en est que plus belle.

Si vous avez la chance de vous promener dans la campagne bretonne, à la fin de l’été, vous pourrez voir fleurir l’artichaut, en plein champ, tête haute, auréolé d’un feuillage gris-vert se découpant finement sur l’horizon. Dans la région de Milan et en Vénétie, non content de le manger cru ou cuit, ou d’admirer ses boutons floraux, on en extrait un certain nectar à la douce amertume et aux tons ambrés : le Cynar, inspiré du latin, cynara scolymus, nom savant de l’artichaut.

Si Catherine de Médicis l’emporta dans ses bagages en quittant Florence pour la cour de France, c’est peut-être que sa réputation de remède à la mélancolie n’était pas usurpée. A défaut, c’est un excellent remède aux crises de foi.

Désormais, en employant l’expression, « avoir un cœur d’artichaut », vous penserez plus à la plante fleurie qu’à un individu au cœur trop tendre. Restez tout de même sur la défensive si vous tentez l’expérience avec son cousin, le chardon, autre type d’astéracée, dont la floraison ajoute à la couleur beaucoup de piquant…

S’il en était des idées comme de l’artichaut. Les oublier un temps pour les voir renaitre, plus éclatantes et vivaces. Encore faudrait-il garder la main légère en les remisant, et ne pas les laisser mourir, faute de soins. Gare aux étourdis et aux négligents, novices ou défricheurs impénitents. Ils pourraient se voir privés du fruit de leur réflexion, la plus habile soit-elle…

« Il faut cultiver notre jardin », disait Candide. Pour le bonheur de faire refleurir les pensées et de les cueillir au petit matin, pleines de rosée ? L’espoir est permis aux jardiniers audacieux…


jeudi 3 novembre 2016

Moi, Ken Loach

Dave Johns dans le rôle de Daniel Blake
On s’était donné rendez-vous devant le cinéma, rue Berthelot. Un quart d’heure avant le début de la séance. Le temps de prendre les billets et de se mettre dans le rang. En arrivant ce dimanche-là, on a tout de suite compris qu’on était nombreux à avoir eu la même idée… Pas seulement à cause des vacances, du changement d’heure ou encore du long week-end de la Toussaint. L’effervescence dans l’air indiquait que le film avait déjà trouvé son public, peut-être même avant sa sortie en salle. Les gens continuaient d’affluer et, dans le hall, la file d’attente serpentait maintenant des caisses aux escaliers. Il fallait se rendre à l’évidence, la séance était compromise, à moins d’accepter de se retrouver assis, le nez à un mètre de l’écran de projection. Position assez inconfortable au demeurant. Qu’à cela ne tienne, la soirée du lendemain était libre. Il faudrait revenir avec un peu plus d’avance sur l’horaire. On avait vraiment envie de le voir ce film…

Cinq mois plus tôt, il remportait la Palme d’or au Festival de Cannes. Une seconde palme pour son auteur, le cinéaste qui a fait des « déclassés » des personnages universels, des héros du quotidien. Des hommes et des femmes qu’on n’oublie pas de sitôt. Grâce à l’œil de Ken Loach. Même si d’aucuns, dans sa bataille, le considèrent  un peu comme le « dernier des Mohicans ».

Le lendemain soir, moins de monde devant le cinéma. Après le rituel de présentation de la carte d’abonnement et l’annonce par le guichetier du nombre de places restantes avant son renouvellement, nous voilà, le sésame en main, bien placés dans la file, à attendre que la salle se vide du flot des spectateurs de la séance précédente. Autour de nous, les gens bavardent gentiment : « Non, on est restés à Lyon, on bougera plutôt autour du 11 novembre », « Et chez vous, ça va ? Juliette est bien rentrée ? Oui, et elle était ravie de son séjour ... » Public d’habitués, de cinéphiles, jeunes retraités actifs, comme souvent au Comoedia,  mais aussi des étudiants, des couples, des petits groupes d’amis. Tous prêts à embarquer ensemble pour deux heures ou presque de « synchronisation des consciences », selon la formule empruntée à Bernard Stiegler. Allez, encore cinq minutes et on pourra présenter nos tickets…

On est dans la grande salle, la 1. Je me dis au passage que ce serait bien de lui donner un nom, au lieu d’un numéro, impersonnel. Quelques propositions me viennent à l’esprit avant que la nuit n’emplisse soudain l’espace, mettant fin aux chuchotements, et aux allées et venues. C’est à un certain Daniel Blake de faire son entrée… 1h et 39 minutes plus tard, on sort de là un peu sonnés. Des spectateurs tardent à quitter leur siège, dans un silence respectueux, émus.

C’est dire si l’histoire de cet homme, ex-charpentier, broyé par une administration délivrant du « process » et rien d’autre, dressant des murs entre elle et les individus, est implacable. Daniel Blake se revendique avant tout comme citoyen, « pas un client, pas un usager ». Un citoyen avec des droits et des devoirs. Ses devoirs, il s’en acquitte. En retour, il attend de l’état la reconnaissance de son statut d’invalidité. Ses anciens collègues, ses voisins de palier, tous essaient de s’en sortir comme ils peuvent, de survivre, en s’entraidant. L’art de la débrouille, l’économie parallèle parfois, faute d’un vrai travail. Daniel s’y refuse. C’est un honnête homme. Le désarroi de Katie, jeune mère célibataire, rencontrée à Pôle emploi - enfin dans la version anglaise, semi privatisée -, va grossir sa révolte face à un système particulièrement  inique. La séquence de la banque alimentaire est terrible. J’avoue avoir pleuré. Une première fois.

La fin du film est sans appel. D’après les critiques, Ken Loach s’est élevé au rang de Dickens dans sa peinture sociale, sans jamais tomber dans l’écueil du misérabilisme. Ici, les fantômes de l’Angleterre victorienne viennent encore se heurter au réel de nos sociétés post-industrielles, et à leur cortège de laissés pour compte. Les associations caritatives pallient au manque de tout : nourriture, vêtements, produits d’hygiène.

J’ai pleuré une seconde fois en écoutant les derniers mots de Daniel Blake, lus par Katie. De honte, de tristesse, et de colère mêlées. Merci Ken Loach pour ce regard acéré sur le libéralisme et pour cette empathie envers les plus humbles, fidèles sujets de sa majesté ou pas.


Et pour ces larmes aussi ...

Un avant gout avec la bande annonce du film :